mardi 17 mars 2020

TRANSHUMANISME versus BIOCONSERVATEURS

ÊTES-VOUS PLUTÔT TRANSHUMANISTE OU BIOCONSERVATEUR?

Lisez les textes, faites les exercices suivants et expliquez votre choix!  

AUX SOURCES DE LA PENSÉE TRANSHUMANISTE

Luc Ferry: "Il y a, dans le transhumanisme, le pire et le meilleur"

Le transhumanisme prétend améliorer à l'infini les capacités physiques des êtres humains. Le philosophe étudie ce mouvement dans son nouvel essai, La Révolution transhumaniste. Comment la technomédecine et l'uberisation du monde vont bouleverser nos vies (Plon).

QUESTION 1
La première tâche de la philosophie consiste à penser son époque. Or nous vivons une troisième révolution industrielle, une révolution qui bouleverse le monde, avec deux retombées principales: d'un côté, la naissance de la technomédecine, de l'autre, celle de l'économie collaborative, avec des applications comme Uber, Airbnb, BlaBlaCar, etc. Je n'en pouvais plus des idéologies dépressives, des nostalgies de la IIIe République.

QUESTION 2
D'abord, et avant tout, ce mouvement entend passer d'une médecine thérapeutique classique - dont la finalité, depuis des millénaires, était de soigner, de "réparer" - au modèle de l'"augmentation" du potentiel humain. De là l'ambition de combattre le vieillissement, et même de parvenir à augmenter la longévité humaine, non seulement en éradiquant les décès précoces, comme ce fut le cas depuis le XIXe siècle, mais en recourant à la technomédecine, voire à l'ingénierie génétique. Troisième idée majeure: corriger volontairement la loterie génétique, qui distribue injustement les qualités naturelles et les maladies.

QUESTION 3
Prenons l'exemple d'aveugles atteints d'une maladie telle que la rétinite pigmentaire. On peut leur rendre la vue en greffant une puce électronique derrière la rétine. Là, nous sommes encore dans le thérapeutique. Imaginez maintenant que la puce en question se perfectionne à tel point qu'elle puisse permettre d'acquérir une vision d'aigle : là, nous passons à l'augmentation. Ce n'est qu'un exemple symbolique, mais, n'en doutez pas, la compétition entre les armées nous conduira sur ce genre de voie, qu'on le veuille ou non...

QUESTION 4
Les premiers se réclament volontiers de l'humanisme traditionnel. On trouve déjà au temps des Lumières l'idée que la perfectibilité humaine est infinie, qu'elle doit s'attaquer non seulement aux inégalités sociales, mais aussi aux inégalités naturelles. Les seconds, bien représentés par Ray Kurzweil, patron de l'Université de la singularité, créée grâce au financement de Google en 2008, sont des matérialistes radicaux. Ils projettent d'hybrider l'être humain avec l'ordinateur, donc de fabriquer des posthumains. 

QUESTION 5
Oui, c'est bien plus compliqué qu'on ne le pense. Pour Kurzweil, ce n'est pas la machine qui deviendra humaine grâce à l'intelligence artificielle, c'est l'homme qui est déjà, depuis toujours, une machine. Pour un matérialiste cohérent, donc moniste, le cerveau n'est qu'une mécanique compliquée et la pensée n'est que son effet visible. D'où l'idée de copier dans la machine les réseaux neuronaux pour parvenir un jour à une intelligence artificielle forte.

QUESTION 6
C'est un thème de la théologie chrétienne - la promesse du Christ étant bien l'immortalité dans l'au-delà. Pour les transhumanistes, cette promesse doit se réaliser ici bas. C'est évidemment à mes yeux un pur fantasme. D'abord, parce que l'organisme vivant est une totalité : dès que l'on touche une de ses composantes, on produit des effets pervers. Ensuite, parce que nous continuerons à mourir dans un accident, un attentat, ou par suicide. En revanche, il n'est pas inimaginable que nous parvenions un jour à vivre deux cents, voire trois cents ans.

QUESTION 7
Ce n'en est pas une, c'est plutôt une probabilité. En 1900, l'espérance de vie des Français était d'environ 45 ans. Aujourd'hui, elle atteint 80 ans. Cet allongement est essentiellement dû à l'éradication des morts précoces.
Mais rien n'interdit de penser qu'on puisse aller plus loin en détectant la plupart des maladies génétiques, voire en réparant, un jour, les gènes défectueux. La recherche sur les cellules souches et sur l'hybridation homme-machine progresse aussi de manière extraordinaire.

QUESTION 8
C'est toute la question, et elle nous oblige à réfléchir à notre condition humaine. Si l'être humain est perfectible à l'infini, s'il parvient à vieillir dans de bonnes conditions, la perspective d'une existence plus longue peut tenter. Il y a tellement de livres à lire, de personnes à aimer... Les problèmes ne manqueraient toutefois pas sur le plan démographique, d'abord, mais aussi social. 

QUESTION 9
Dès qu'on dit cela, chez nous, on pense aussitôt au nazisme. Pour les transhumanistes, souvent issus de la gauche libertaire, c'est tout l'inverse. Il s'agit de corriger les inégalités génétiques dans une optique foncièrement égalitariste. On peut ne pas être d'accord, mais cessons l'hypocrisie : ceci se pratique déjà chez nous: 97% des femmes qui découvrent lors de l'amniocentèse qu'elles portent un enfant trisomique recourent à l'avortement.

QUESTION 10
C'est à mes yeux la principale question. La plupart ne perçoivent pas que leur logique peut finir par nous faire sortir de l'humanité. En bons utilitaristes, ils s'imaginent que l'augmentation de l'être humain apportera forcément le bonheur, alors que donner plus de liberté à l'individu a aussi pour conséquence de provoquer chez lui davantage d'angoisse, parce qu'il doit sans cesse s'assurer de faire les bons choix. 

QUESTION 11
C'est là le point central de mon livre. La compétition aura forcément lieu, d'abord entre les armées, ensuite entre les familles. La question de la régulation deviendra cruciale, voire vitale. Tout autoriser serait effrayant; néanmoins, tout interdire n'aurait aucun sens, du moment qu'il ne s'agit pas de fabriquer des monstres, mais bel et bien d'améliorer l'humanité, par exemple d'augmenter sa longévité en bonne santé.

QUESTION 12
Seule une régulation européenne, voire mondiale, peut avoir un sens. La Commission et le Parlement européens se sont déjà saisis du problème, dans deux grands rapports consacrés au transhumanisme, mais, sans connexion avec les Etats nationaux, rien ne sera possible. A l'échelle de la France, il faudrait placer la réflexion sur l'innovation au coeur de la question politique.

Par Claire Chartier et Christophe Barbier, publié le 05/04/2016

PROPOSITIONS
QUESTIONS
A.    Après la vie bonne, la spiritualité et l'amour, comment en êtes-vous venu à vous pencher sur le sujet très "scientifique" du transhumanisme?
1

B.    Certains transhumanistes vont jusqu'à parler de "la mort de la mort". Comment peut-on sérieusement imaginer un tel bouleversement de la condition humaine?
6

C.    Concrètement, comment passe-t-on du thérapeutique à l'augmentatif?
3

D.    D'où tirez-vous cette conviction?

7

E.     De progrès en progrès, comment éviter une course folle à l'"augmentation" de l'humain dans le monde que vous esquissez?
11

F.     Le transhumanisme prône également un eugénisme décomplexé. Pourquoi faudrait-il accepter ce "tri" de l'humain au nom d'un hypothétique progrès futur?
9

G.    Les transhumanistes ne forment pas une famille homogène. Quelle différence faites-vous entre les "biologiques" et les "posthumanistes cybernétiques", que vous citez dans votre livre?
4

H.    Les transhumanistes ont-ils conscience des effets pervers d'une compétition fondée sur l'innovation permanente?
10

I.       Mais faut-il vraiment nous souhaiter une telle longévité?
8

J.     Quelle régulation mettre en place, alors?
12

K.    Quelles sont les grandes caractéristiques du transhumanisme?
2

L.     Vous soulignez d'ailleurs que l'argumentation de ces posthumanistes n'est pas si facile à balayer...

5


TO BE OR NOT TO BE TRANSHUMANISTE?

"Google ne contrôle pas encore le monde"

Robots personnels, véhicules autonomes et même "robots tueurs" ou cyborgs, la robotique est et sera omniprésente dans notre société. Pour Nom de Zeus, Raja Chatila, directeur de recherche au CNRS et directeur de l'Institut des systèmes intelligents et de robotique (ISIR) évoque les questions éthiques [1] nous aurons très rapidement à faire face. Avec un pragmatisme aux antipodes des transhumanistes de la Silicon Valley.
La robotique est sûrement l'incursion la plus visible du "futur" dans notre présent. Mais la vitesse des [2] technologiques dépose sur place la question législative, morale ou éthique. Raja Chatila, estime qu'il faut que la société entière prenne la mesure des questions éthiques : "au début il s'agissait d'un débat de spécialiste, mais on voit que cela arrive sur la place publique. Puis il faudra que le législatif [3] saisisse". Le chercheur fait le point sur les principales questions éthiques liées à la robotique auxquelles nous serons confrontés.

2020 : quelle relation humain/robot ?
Les "robots de compagnie" sont en plein [4] . Destinés en premier lieu à aider et divertir les enfants ou les personnes âgées, ils ont souvent des petites têtes rigolotes et semblent parfaitement inoffensifs. "Mais cela peut être discutable, estime Raja Chatila. On ne sait pas quels sont les effets psychologiques sur un enfant s'il voit des robots se comporter comme des humains. Un enfant, une personne âgée ou toute personne [5] pas la pleine possession de ses capacités cognitives peut ne pas comprendre. Surtout pour les androïdes". En d'autres termes, même doué de parole et "ressemblant" à un humain, un robot ne possède pas plus d'humanité qu'une chaise ou une table. Pourtant il suscite plus d'émotions.
Les humains compatissent avec les robots et sont capable d'éprouver des sentiments pour eux. "On travaille beaucoup sur la détection des émotions par les robots ou au contraire à donner l'illusion que le robot [6]  possède". Et puisqu'ils ont des formes et des expressions "humaines", on peut facilement les croire. "Moi-même j'ai tendance à tomber dans le [7] quand je vois un petit robot tout mignon, admet le chercheur. Alors imaginez un enfant. Il faut faire très attention à ne pas franchir la ligne objet/humain. Même si elle sera de plus en plus [8] ".

2045 : la singularité, vraiment ?
La frontière humain/robot, justement. Ray Kurzweil, futurologue chez Google et leader du mouvement transhumaniste américain estime qu'elle tombera d'elle-même d'ici 2045. La singularité (l'intelligence artificielle dépassera celle de l'Homme) nous poussera à devenir des cyborgs, mi-humains mi-robots. Pour Raja Chatila, certains aspects de ce discours peuvent être [9] , mais ils sont mêlés à de purs fantasmes [10] à des délires potentiellement très dangereux. "Premièrement, les dates avancées me semblent assez douteuses, estime-t-il. Mais de telles prévisions s'apparentent un peu à la méthode Coué. L'objectif daté n'est pas l'important, c'est de chercher dans cette direction qui importe. [11] qu'il demeure une difficulté technique majeure : on ne sait absolument pas "construire" de cerveaux".
Il s'agit donc de démêler le futur possible et l'avenir fantasmé. "Concernant les "cyborgs", il y a une différence majeure entre augmentation et réhabilitation. Si vous "ajoutez" quelque chose pour développer vos capacités, c'est de l'augmentation. Si vous perdez un bras et qu'on vous [12] un nouveau, c'est de la réhabilitation".
Et si dans la tête de Kurzweil il semble évident que nous deviendrons des transhumains, Raja Chatila lui n'est "pas du tout convaincu du caractère inéluctable". Certes, cette idée semble assez à la mode, notamment du côté de la Silicon Valley. Mais "estimer qu'il n'y a que cette possibilité, c'est aller trop vite en [13] : la société peut tout à fait s'y opposer. Estimer que les transhumanistes vont décider seuls du futur, c'est accepter l'idée que l'on [14] un gros problème de démocratie. Bien sûr, des gens voudront se faire augmenter ; des tas de gens, sûrement. Mais ça sera à eux d'en décider. Google ne contrôle pas encore le monde. Que fera-t-on si quelques individus deviennent des surhommes incontrôlables dans [15] coin ?"
Si ce scenario catastrophe n'est pas à l'ordre du jour, on ne peut ignorer le fait qu'une [16] de chercheurs concentre ses recherches sur l'intelligence artificielle et l'immortalité et entend bien les mener à terme. "On ne peut pas laisser faire ça seulement par la bande de Google. C'est l'humanité entière qui doit en discuter, estime Raja Chatila. L'humain décidera en conséquence. Si nous voulons réellement devenir immortels et que nous [17] avons les moyens, très bien, alors nous [17] subirons les conséquences, qu'elles soient positives ou négatives. Mais l'éthique devra se penser de manière collective, pas dictée par quelques individus qui, justement, dirigent les sociétés parmi les plus puissantes de la planète".

2050 : pour une voiture intelligente en ville, il faudra des citadins intelligents
Parmi les avancées en robotiques qui font beaucoup parler d'elles, les voitures intelligentes tiennent le haut du [18] . "Dans un futur plus ou moins proche, l'avènement de la voiture connectée est déjà beaucoup plus envisageable que les cyborgs, car cela ne nécessite pas autant de connaissances "humaines". Plus les tâches sont simples et répétitives plus elles peuvent être automatisées. La conduite peut entrer dans ce cadre-là".
"Remplir les rues de voitures autonomes signifie qu'il faut automatiser la ville, et donc que les humains se comportent comme des robots". Pas sûr que nous [19] prêts à automatiser nos comportements citadins.

Vers des robots-soldats ?
"Lorsque l'on parle d'éthique et robotique, il faut distinguer "éthique machine" (est-ce que le robot se "comporte" de manière éthique) et "éthique chercheur" (est-ce que les recherches ont été menées de manière éthique), même si la frontière peut parfois être floue, l'une [20] de l'autre". Pour les armes, la distinction est évidemment d'autant plus importante. "Les robots-tueurs (même s'il s'agit d'un très mauvais terme) posent un gros problème éthique : lorsque la machine choisi elle-même sa cible et décide de son élimination. Évidemment une très large majorité, notamment chez les scientifiques, [21] qu'il faut arrêter tous les travaux sur ces sujets, que ces armes ne sont pas acceptables".
"Mais d'autres voient en revanche ces robots comme une sorte "d'agent moral", mieux [22] de respecter les conventions internationales (Genève, Ottawa, etc.) car dénué de sentiments. En somme, ils seraient presque plus éthiques qu'un humain".
Hélas, l'automatisation de la guerre semble pourtant bien en route. "On n'est plus dans un schéma "classique" d'une armée contre une autre armée, ce qui a poussé à la transgression. La 1ère transgression est arrivée avec les drones : désormais les assassinats ciblés sont [23] courante". Le chercheur milite ainsi pour la mise en place d'une convention internationale encadrant ces armes et ces pratiques.
"De manière générale, l'éthique passera beaucoup par la question de "risque acceptable". Moins on contrôlera les outils qu'on utilisera, plus on s'exposera à un comportement risqué de ces outils, [24] qu'ils soient. On ne comprend pas toujours le comportement d'une voiture autonome, par exemple. Il faudra donc que le citoyen soit parfaitement au courant des risques [25] ".

https://www.huffingtonpost.fr/pierre-belmont/robots-transhumanisme_b_8915554.html


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avisés
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engendrées
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B



1 commentaire:

Unknown a dit…

Être immortel c'est très intéressant pour ma par mais, es ce que tout le monde pourra en bénéficier ?🤔