mardi 17 novembre 2015

LES FRANÇAIS...ET LES NOUVELLES GÉNÉRATIONS

VOICI QUELQUES EXERCICES DE COMPRÉHENSION ÉCRITES SUR LES PRÉOCCUPATIONS DES FRANÇAIS ET SUR LES NOUVELLES GÉNÉRATIONS
  1. TEXTE 1
(Elodie Maurot, La Croix,14/8/09)

La dernière enquête sur les valeurs des Français dessine un pays soucieux de liberté dans la sphère privée et d'égalité dans le domaine social.

«Dis-moi 1 sont tes valeurs, je te dirai qui tu es. » Pour 2 croit la maxime légitime, la lecture de l'enquête sur les valeurs des Français - version 2008 - se révélera indispensable. Réalisée à l'échelle européenne depuis 1981 tous les neuf ans, cette étude offre en particulier une radioscopie unique de l'univers des valeurs et croyances des Français . Au 3 des pages, elle permet de dessiner le socle de leurs références communes, le fil qui 4 tient ensemble, tout en autorisant des comparaisons sur la durée.
En tête du palmarès 2008, la famille reste la valeur phare des Français, qui la considèrent « très importante » (87 % des personnes interrogées), assez loin devant le travail (68 %) et « les amis et les relations » (50 %). Cette préférence n'est pas une surprise : la famille garde la place de tête qu'elle occupait déjà lors des précédentes enquêtes analogues, et le tiercé gagnant ne s'est pas modifié au 3 des ans.
Le coup de sonde donné du côté de l'éducation est tout aussi instructif. Interrogés sur les qualités 5 valoriser dans l'éducation des enfants, les Français donnent la priorité à « la tolérance et (au) respect des autres », considérés par plus de huit Français 6 dix comme des qualités particulièrement importantes.
Là encore, la continuité : « De tous les choix possibles, la tolérance constitue, 7 que soit l'année, la valeur ou qualité la plus souvent choisie par les enquêtés, commente Guillaume Roux, chargé de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques. Elle apparaît ainsi comme une valeur centrale et même prioritaire. »

La mise en avant des "bonnes manières"
En deuxième position, les Français font figurer « les bonnes manières » (retenues par plus de sept Français 6 dix), puis « le sens des responsabilités » (plus de six Français 6 dix). Évoluant du sixième rang en 1981 au deuxième en 2008, les « bonnes manières » ont le vent en poupe.
Pour le sociologue Nicolas Herpin, cette progression n'est pas surprenante : elle est 8 mettre en parallèle avec la tertiarisation des emplois et une société qui valorise de plus en plus la représentation de 9.   « De façon précoce, il faut apprendre à se présenter, à entretenir des liens divers et à se construire sa propre image », commente-t-il.
Attentif aux évolutions de long cours, Pierre Bréchon, professeur à l'IEP de Grenoble, voit se dessiner dans l'enquête 2008 le visage d'une « société d'individualisation », qu'il distingue d'une « société d'individualisme ». Si l'individualisme repose sur « le culte du chacun 10 soi », l'individualisation correspond « à une culture du choix, chacun affirmant 11 autonomie, sa capacité d'orienter son action sans être contrôlé ou contraint », précise le politologue.
De fait, les relations de l'individu au groupe, du privé au collectif, demeurent complexes dans l'Hexagone. Les Français ne cèdent pas au chacun 10 soi, mais ils s'intéressent d'abord à leur cercle familial proche (pour 86 %). Viennent ensuite les personnes âgées (67 %), puis les personnes malades ou handicapées (67 %), qui 12 l'objet d'une sollicitude en hausse.

La valorisation de la solidarité
De même, la valorisation de la solidarité, qui reste moyenne dans l'opinion, n'empêche pas la France d'être « une société de défiance » où seul un petit quart des personnes interrogées se déclarent prêtes à accorder spontanément leur confiance à 13.
Dans le domaine privé, les Français sont de plus en plus jaloux de 14 autonomie. Ils ont plus nettement tendance à considérer que les choix concernant leur vie personnelle n'ont à recevoir aucune justification ou approbation sociale. Cette évolution est manifeste, par exemple, dans la transformation du regard 15 sur l'homosexualité. En 1981, 49 % des personnes interrogées considéraient que l'homosexualité « ne pouvait jamais se justifier ». Dans la dernière enquête, ils ne sont 16 que 19 % à faire 17 cette opinion.
Les Français se montrent en revanche plus partagés sur la possibilité d'adoption par les couples homosexuels : 46 % d'entre eux se disent « pas du tout ou plutôt pas d'accord » avec cette possibilité, 18 que 39 % sont « tout à fait ou plutôt d'accord ».
La ligne de partage entre l'espace de l'individu et 19 de la société se dessine ici avec une certaine clarté : si l'homosexualité en tant que choix personnel soulève de moins en moins d'opposition, l'adoption - faisant intervenir un tiers, l'enfant - n'est pas considérée comme relevant du seul domaine de la vie privée et entre par conséquent dans le champ de la régulation sociale.

L'égalité passe devant la liberté

Du côté de la vie collective, justement, l'enquête 2008 apporte également son 20 d'enseignements et de nouveautés. Invités à choisir entre les valeurs de liberté et d'égalité, les Français font passer la seconde devant la première (57 % contre 40 %), pour la première fois depuis quarante ans ! C'est le résultat d'une tendance de fond, qui s'affirme depuis le début des années 1980, venant contredire l'opinion commune selon 21 la société française serait toujours plus sensible aux sirènes du libéralisme.
D'autres données confirment ce résultat : en 2008, les Français se montrent plus favorables à une régulation de l'économie par l'État, ils ont une confiance en hausse 22 les syndicats (huit points de plus par rapport à 1999) et se méfient davantage des grandes entreprises, qui devraient être « plus sérieusement contrôlée » aux yeux de 42 % d'entre eux - ils n'étaient que 28 % à partager cette opinion lors de la dernière enquête.
Autre résultat notable, le net déclin de l'anti-autoritarisme. Pour 79 % des personnes interrogées, ce serait « une bonne chose qu'on respecte davantage l'autorité » (contre 60 % en 1999). « La demande d'autorité est avant tout une demande d'ordre public, précise Étienne Schweisguth, directeur de recherche au CNRS. Elle ne traduit 23 montée d'un "ordre moral" qui viserait à revenir à l'ordre ancien dans la sphère privée. » La demande d'ordre public s'explique plutôt 24 le déclin de l'idéologie anti-autoritaire des années 1960 et la prégnance croissante des questions de sécurité.

"La montée des valeurs humanistes"
Ce besoin se conjugue à un sentiment national en progression et une « fierté d'être Français » très largement partagée. Il ne s'agit pas pour autant d'un retour à une identité nationale cocardière et frileuse : au contraire, l'enquête fait apparaître une baisse sensible de la xénophobie et d'une « préférence nationale » à l'emploi.
« La montée des valeurs humanistes est une réalité qui se poursuit et s'affirme, concluent Pierre Bréchon et Jean-François Tchernia, coordinateurs du volet français de cette enquête européenne. Les valeurs de tolérance sont en nette progression et la xénophobie est en baisse sensible. » À lire les résultats de l'enquête, toutes les valeurs associées à l'ouverture sont au beau fixe, mais c'est bien l'individu qui fixe le cap, avec une indépendance jalouse. Liberté privée, ordre public : 25 est l'équation fétiche des Français.


A. Choisissez la réponse correcte :

1
C
a. qu’elles
b. quels
c. quelles
2
C
a. celui
b. les gens
c. qui
3
B
a. cours
b. fil
c. long
4
A
a. les
b. leur
c. leurs
5
A
a. à
b. par
c. pour
6
C
a. de
b. entre
c. sur
7
B
a. qu’elle
b. quelle
c. telle
8
A
a. à
b. pour
c. que
9
C
a. elle
b. lui
c. soi
10
C
a. à
b. avec
c. pour
11
B
a. sa
b. son
c. leur
12
B
a. est
b. font
c. seront
13
B
a. autre
b. autrui
c. personne
14
C
a. sa
b. son
c. leur
15
C
a. apporté
b. mis
c. porté
16
B
a. pas
b. plus
c. rien
17
A
a. leur
b. propre
c. sienne
18
C
a. lors
b. pendant
c. tandis
19
B
a. celle
b. celui
c. la
20
A
a. lot
b. paquet
c. tas
21
A
a. laquelle
b. que
c. si
22
B
a. avec
b. dans
c. pour
23
B
a. aucun
b. aucune
c. rien de
24
B
a. avec
b. par
c. pour
25
C
a. celle
b. tel
c. telle

B. Cherchez dans le texte un mot ou expression correspondant aux définitions suivantes :

1
Qui se préoccupe de
SOUCIEUX
10
Une troisième personne
TIERS
2
Un examen approfondi
RADIOSCOPIE
11
Plus
DAVANTAGE
3
Le plus important
PHARE
12
La décadence, la baisse
DÉCLIN
4
Un pari sur trois chevaux
TIERCÉ
13
La force et la stabilité
PRÉGNANCE
5
Être poussé par le succès
LE VENT EN POUPE
14
Se joindre, se combiner
CONJUGUE
6
Développement du secteur des services
TERTIARISATION
15
Chauvin, patriotard
COCARDIÈRE
7
Forcé, obligé, gêné
CONTRAINT
16
Qui hésite à agir, craintif
FRILEUSE
8
Crainte, doute, suspicion
DÉFIANCE
17
La partie d’un document
VOLET
9
Franchement, clairement
NETTEMENT
18
La direction, l’objectif
CAP

 1. TEXTE 2
LE MONDE | 09.06.2014 | Par Service France

La France maltraite-t-elle ses nouvelles générations ? Fait-elle, plus que d'autres pays occidentaux, le sacrifice de sa jeunesse ? C'est la thèse de Louis Chauvel, sociologue à l'université du Luxembourg. En 2010, il sortait, sur le même thème, Le Destin des générations (PUF). Dans une tribune publiée dans Le Monde du 10 juin, il avance de nouveaux chiffres -1- .
En étudiant 17 pays occidentaux, le chercheur a noté que, si les jeunes nés autour de 1975 « avaient eu la chance de suivre la tendance de croissance exceptionnelle des niveaux de vie -2-», leur niveau de vie serait 30 % plus élevé qu'il n'est. Ce résultat, -3-, explique M. Chauvel, place la France nettement en tête des pays étudiés, six points devant l'Espagne. « Depuis 1984 en France, par rapport à celui des sexagénaires, le niveau de vie relatif des trentenaires a perdu 17 % », complète-t-il.
Dans les pays anglo-saxons et nordiques, à l'inverse, chaque génération a bénéficié par rapport à la précédente d'un même rythme de progression de son niveau de vie. « De haut en bas de la pyramide des âges, un espace béant s'est formé. Chaque nouvelle génération se retrouve devant une situation encore plus dégradée. »

« MALTRAITANCE »  DES NOUVELLES GÉNÉRATIONS
Les nouveaux entrants sur le marché du travail, -4-, sont moins bien rémunérés. « Un nombre croissant de diplômés se partagent un nombre stagnant de positions sociales confortables, -5-», poursuit M. Chauvel, qui évoque un « déclassement systémique » de la jeunesse.
Les générations malchanceuses -6-, subissant chômage, précarité et faibles rémunérations, traînent ensuite éternellement cette malchance avec « bas salaires à vie, retraites plombées au-delà ». C'est « l'effet cicatrice ». Les pays nordiques et anglo-saxons semblent se montrer plus capables de rattraper les démarrages chaotiques. Conclusion de M. Chauvel : « Aucun pays n'est allé aussi loin -7-. »

COMPENSÉ PAR LES SOLIDARITÉS FAMILIALES
Ce tableau particulièrement sombre ne fait pas l'unanimité. « Caricatural », selon Henri Sterdyniak, directeur du département d'économie de la mondialisation à l'OFCE, -8-. « Les solidarités privées sont extrêmement fortes, acquiesce Guillaume Allègre, lui aussi économiste à l'OFCE. Les parents aident à payer le loyer, font des donations pour transmettre le logement… Evidemment, les familles aisées peuvent aider davantage. Quand on prend en compte ces transferts privés, les inégalités sont plus intragénérationnelles qu'intergénérationnelles. »
Pour Hippolyte d'Albis, professeur à l'université Paris-I et à l'Ecole d'économie de Paris, M. Chauvel a « plaqué le modèle de la lutte des classes sur la question de l'âge ». Or « certains signes ne vont pas dans ce sens, comme les solidarités intergénérationnelles, la mobilisation des jeunes contre la réforme des retraites. Il n'y a pas de conflits entre les âges », dit-il.
L'enquête « Génération quoi ? » (France Télévisions), -9- l'a attesté : l'harmonie règne dans la plupart des familles, même si, pour un jeune sur deux, les générations précédentes sont responsables de leurs difficultés.

DES CONCLUSIONS « TRÈS EXCESSIVES »
Les conclusions de Louis Chauvel sont «très excessives», réagit également Olivier Galland, sociologue de la jeunesse et directeur de recherche au CNRS. « Une étude de l'Insee sur le niveau de vie par âge montre que, de la fin des années 1980 aux années 2000, la croissance a permis à chaque génération de disposer d'un niveau de vie supérieur à la précédente. »
Sur le moyen terme, à l'en croire, au niveau bac + 5, « on ne décèle pas de déclassement des diplômés, -10-». L'« effet cicatrice » ne serait pas non plus prouvé : en 2013, trois économistes de l'Insee ont montré que les jeunes qui tentent de rentrer sur le marché du travail dans une conjoncture dégradée, et -11-, ont comblé au bout de quatre ans ce handicap de départ.
Faut-il voir dans ce travail, comme M. Allègre, « un discours décliniste -12-»? « En 1993, rappelle-t-il, l'économiste Christian Saint-Etienne parlait déjà de “génération sacrifiée” à propos des 20-45 ans. Ce sont ceux-là mêmes, aujourd'hui, -13-! Ce qui est sûr, c'est que la société vieillit, -14-: à 55 ans et plus à 40 ans, comme dans les années 1980. » Pas question pour autant de parler de sacrifice générationnel. « Les jeunes de 15-35 ans ont un niveau de vie supérieur à celui de leurs parents au même âge. »


REMETTEZ LES PHRASES OU MORCEAUX DE PHRASE À LEUR PLACE :

a)      à laquelle 210 000 jeunes de 18-34 ans ont répondu en 2013
9
b)      dont le niveau de rétribution nette décline
5
c)      dont ont bénéficié les cohortes nées entre 1929 et 1950
3
d)      en sont affectés en termes de chômage et de salaires
11
e)      même s'il y a de grands écarts en fonction des filières
10
f)       pourtant plus diplômés que leurs parents
4
g)      que l'on accède plus tardivement au pic salarial
14
h)      que l'on traite de privilégiés
13
i)        que le nôtre dans cette maltraitance des nouvelles générations
7
j)        qui montrent la spécificité française de cet écart de niveau de vie entre générations
1
k)      qui quantifie le fossé entre générations
3
l)        qui revient régulièrement en période de crise
12
m)   qui souligne, entre autres, l'absence de prise en compte des transferts financiers au sein des familles
8
n)      qui tentent d'entrer sur le marché du travail en temps de crise
6








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